M.A. Wohl

Writer on a Quest

Il y a un peu moins d’une décennie, au détour d’un après-midi d’ennui à la librairie (oui, il est possible de s’ennuyer dans une librairie, mais seulement lorsqu’on y est obligé de faire le ménage), voilà que ce roman me saute aux yeux.

Sa pauvre couverture avait jaunie, oublié qu’il était dans une section qui n’était pas la sienne. Ce n’est pas la foudre, mais des extraits lus par-ci par-là qui assénèrent le coup. Exemple:

Miss Bigoudis a l’excellente idée de perdre connaissance. Joe, sur sa chaise, vient de passer du gris tourtière au gris charbon. L’Italienne est déjà à genoux face à une sécheuse, agitée de tremblements. Reste le macho et moi. Des feux rouges et bleus se mettent à tournoyer dans la fenêtre givrée. L’horreur de la situation m’apparaît enfin. Il est huit heures du soir, il fait noir. Nous sommes pris en otage dans une buanderette. Faut l’faire !

En retrouvant ce roman durant un récent (et sinon ultime, du moins pas loin s’en faut), j’ai trouvé qu’il faisait bon de renouer avec un regard d’avant, avant que les prises d’otages et les tueries de masse ne deviennent nouvelles courantes, perturbantes, malheureusement inlassables.

Roman-savon

Fiona a dix-sept. Elle est de corvée de lavage chaque semaine. Ainsi, elle traîne ses baskets et son sac de linge sale à la buanderie du coin, peuplée d’une faune dont elle se tient loin. Jusqu’à ce que l’improbable se produise.

Un vrai de vrai bon roman pour adolescents, publié en 2006 par Soulières éditeur.Un roman qui joue avec les clichés et s’amuse ferme à nous changer les idées, dans tous les sens du terme.

On déboulonne les préjugés, un cycle de lavage à la fois dans ce roman-savon parfait pour les soirées mélancoliques. D’autant qu’en trame de fond, on se régale d’une jolie histoire d’amour qui a tout du… roman-savon !

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